J’pars user mes semelles à New York.

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Samedi, je décolle. Je quitte le caillou et son confort. Je pars avec des idées et des préjugés dans le fond des poches. Avec des bribes de films, d’images et de musiques. Et avec ma valise aussi, c’est mieux.

Je fais des listes, que je ne respecterai pas. Je lis des articles en souriant. J’essaye d’imaginer la réaction que j’aurai en me posant face au World Trade Center site. Pour tout vous dire, hier, je suis allée sur la earthcam de Times square, j’ai monté le son au volume maximum et j’ai écouté le bruit de la ville. Pendant au moins une heure. Il ne faut surtout pas que j’oublie de regarder les chaussures des New Yorkais, je ne suis pas certaine qu’ils aient bons goûts. 

T’as raison en fait, je sais pas vraiment ce que je veux faire de ma vie, et qu’est-ce que ça doit être triste de savoir. De prévoir un de ces voyages un an à l’avance, le combo vol+hôtel+visite guidée. Le tout avec ton mec, ta nana (les deux p’t’être). De devoir sauver les meubles en même temps que le couple parce que bon, on à un voyage de prévu dans un an. 

Alors sur un coup de tête (qui ne m’a pas fait trop mal, merci), je remplissais déjà le formulaire qui te demande si oui/non tu es un terroriste, si oui/non tu as déjà enlevé des enfants, si oui/non, tu possède des explosifs dans ta p’tite culotte. Sur un coup de tête, j’ai cassé ma tirelire. Bon, j’ai un peu fait la moue, au passage. Mais les coups de tête moi, ça me donne envie de faire des choses, des vraies, avec mes billes noires à la place des mirettes.

Bon, je vous laisse, je vais m’entrainer à laisser les yeux grands ouverts. Nuit & Jour. Pendant ces quelques prochains jours.

C’était qu’une histoire de chaussettes.

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"Viens, on cherche un grand appartement, pour vivre à deux et être heureux. Un grand chez nous avec du parquet et une cheminée. Une cheminée qui ne fait pas de feu, mais c’est pas grave on se réchauffera autrement. On garde mon chat, parce que bon, c’est mon chat. Même si tu l’aimes pas, lui non plus il faut dire. Viens je vais fabriquer une jolie étiquette avec nos noms pour la boite aux lettres. Viens on fabrique des étagères puis, prête moi de la place dans ton dressing, j’ai plus de robes que toi de pantalons. Viens on mets toujours de la jolie musique dans l’appartement. D’accord, je danserai sur le canapé en p’tite culotte. Tu prends toute la couverture. Comment ça, "ta mère vient manger ce midi" ? Mets tes bottes en caoutchouc, on va marcher dans la boue. Viens on fait des tartines grillées avec de la confiture de fraise. C’est doux les matins aux tartines grillées avec de la confiture de fraise. Viens, on va manger au restaurant. "Désolée j’ai pas entendu, j’écoutais les voisins de la table d’a côté"

Je t’attends à la gare, je t’attends dans le salon, je t’attends dans le lit, dans la salle de bain en jouant avec la mousse. Je t’attends dans mes mots, je t’attends sur le trottoir. Je t’attends pour le diner et pour être à l’heure au cinéma. Je t’attends en caressant le chat, que tu n’aimes pas.

Viens, on s’enlace une dernière fois. On saute à pieds joint sur le château de sable qu’on a construit avec de l’eau et de l’amour et puis peut être un peu d’autres choses aussi, faut pas croire.

On rend les clefs, les meubles et tout les bouts de papier. On part vivre à un diamètre opposé de chaque côté du globe. Ou alors on s’oublie sans trop s’en remettre. Ca revient au même.

Mes chaussettes roses on perdu de leur couleurs sur tes chaussettes blanches. Mais c’est pas si grave, tu croiseras d’autres chaussettes, d’autres couleurs à mélanger. “

Chercher midi à quatorze heures.

Je recherche : 

Un café idéalement sucré, 

Un chat qui resterait chaton, 

Un dimanche qui ressemblerait à un vendredi, 

Des vacances sans décompte, 

Du temps dans le fond de mon sac, 

Des doubles de clefs dans le frigo et sur la porte d’entrée, 

Ou une vie sans clef et sans serrure, 

Un réveil sans sonnerie stridente, Un passage en caisse sans le «Vous auriez les 75 centimes ?» (J’ai jamais les 75 centimes), 

Une nuit sans sommeil et un matin sans fatigue, 

Un programme TV adapté aux jours de pluie,

Un verre d’eau au pied du lit, 

Des filles pas très jolies (mais gentilles, quand même), 

Un mec sans anciennes amoureuses, 

Ou alors des pas très jolies, 

Une bonne position pour s’endormir,

Un avocat mûr (le fruit, pas celui sans anciennes amoureuses pas très jolies) pour le repas, 

Une boite vocale sans la voix de la nana qui dit «Vous avez 36 nouveaux messages…», 

Des gens qui disent «bonjour» en souriant sincèrement, 

Des vendeuses qui ne demandent pas «Vous cherchez quelque chose, Mademoiselle ?»

Parce qu’au fond on cherche tous quelque chose.

Avoir 5 ans pendant les grandes vacances d’été.

L’autre jour, je m’baladais (sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu, j’avais envie de dire bonjour à n’importe qui, papalapala…) du côté de St-Jean. Quand je me suis arrêtée, devant une petite porte arborant une pancarte intrigante :

« Parc pour enfants. Veuillez laisser la porte fermée »

Alors forcement, comme j’aime bien prendre des risques et ouvrir les portes, je suis rentrée dans le jardin. Ça sentait la glace à la vanille, le biscuit sec écrasé et les mains moites. Ça criait dans tout les sens et je me suis souvenue que c’était les grandes vacances d’été. Les mamans étaient assises en groupe sur un banc et ça avait l’air d’être de supers copines de couches culottes et de doudous oubliés chez la nounou. J’ai eu l’envie de m’installer avec eux en leur disant timidement 

«le mien c’est celui du fond qui joue sur le tobogan» pour rentrer dans leur bande, mais je me suis rappelée que les mamans ça décèlent toujours les mensonges et peut être même qu’elles lisent le 97133. 

Alors, je me suis mise sur le seul banc libre, à côté d’un papa qui, lui, n’avait pas de copain et qui a dû se lever au moins 5 fois pour décrocher sa fille de la toile d’araignée géante en plastique rouge. Le parc pour enfants, c’est un peu une ville miniature. Il y a le petit qui fait du troc avec des cailloux, en affirmant qu’ils ont des pouvoirs magiques, celui qui deviendra probablement chef d’entreprise, celle qui a fait tomber sa glace Vanille-Chocolat, mais c’est pas grave ce sera pour les fourmis, celui qui cherche un bonbon dans sa poche pour le donner à celle qui vient de se faire décrocher de la toile d’araignée. Même  qu’il a l’air sacrément amoureux d’elle alors qu’il à 4ans et qu’elle en à 8, mais c’est pas bien grave puisqu’ils ne savent pas trop compter.

C’était pas Joe Dassin, c’était pas les champs Élysées, mais qu’est-ce que c’était chouette, et qu’est ce que j’aimerai avoir 5 ans, juste pour les deux mois de l’été.

Rangement de sentiments

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Je voulais vous dire que j’ai toujours ce foutu blocage que je garde en moi, précieusement. Non pas que j’y tienne. Mais un peu comme si j’avais besoin sans cesse de faire rencontrer le passé et le présent.

"Présent je te présente mon passé…"

"… Passé je te présente mon présent…"

"Enchanté"

Alors souvent, j’essaye. Je me dis, ce soir, je ne fais rien. Ce soir, je fais du rangement. Pas pour retrouver la soeur de la chaussette rose que j’ai retiré il y a 15 jours, sur le fil à linge. Du vrai rangement.

Du rangement dans ma tête.

Remettre la chronologie dans l’ordre, ça doit pas être si compliqué. Prendre un sentiment, le ranger dans ce tiroir là, en prendre un autre le mettre dans la machine à laver, mettre une étiquette sur le tiroir, le refermer délicatement…

Mais je suis pas réellement copain avec le rangement, je sais pas faire.

Vous savez, j’ai toujours aimé les chaussures. Tiens, et ma mère m’en a offert de nouvelles. Puis, elle m’a avoué ce matin, que c’était pour avancer, pour ne plus regarder derrière et pour marcher droit devant.

"C’est toujours mieux d’avancer avec de jolies chaussures" qu’elle me dit.

Les gens avec de la vie dedans.

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Hier soir, en tant qu’enfant adoptive du caillou, je suis allée boire un rhum Vanille à la pointe de l’île. Là où les gens défilent, marchent, vont & viennent. La pointe de l’île, ce lieu de passage, où, discrète, je me sens bien, coincée dans ma bulle d’observatoire invisible.

Il y a ces trois nanas, toutes droites sorties d’une fashion week, qui sont passées en riant à la fois de façon exagérée & de manière particulièrement aiguë . Ce genre de nanas (américaines de surcroit) qu’on croise souvent à St-Barth. Montre moi ta robe, je te dirais qui tu es. Ce genre de petites nanas qui ne m’intéressent pas habituellement, que mon esprit oublie bien trop facilement. Probablement parce qu’elles et moi on a pas vraiment la même vie, pas les même robes, pas la même carte bancaire et encore moins la même importance du “paraître”. 

Et je les ai oublié. Jusqu’à ce matin, en faisant la grimace sur mon café quotidien. En surplombant la rue, les yeux dans le plein et le vide. Elles sont passées, toutes les trois. Vêtues d’un de ces discrets pyjamas, qui pourrait se porter sans trop de difficultés en pleine journée. Elles m’ont éveillé un sourire au coin de la bouche.

Les “vrais gens”, ils sont faciles à voir, ils vont à la boulangerie, ils donnent la main à leurs enfants, ils comptent le nombre de cigarettes qu’ils leur reste, ils conduisent pieds nus et ils chantonnent pendant les émissions de Michel Drucker sur France 2.

Avant hier, je pensais qu’il y avait d’un côté les vrais gens et de l’autre les faux, ceux qui vivent dans une vie rêvée. Je pensais qu’il y avait les gens qui ne ressentent pas réellement les choses, les sentiments, les sensations. 

Des années d’études des humains rigolos et un Master en psychologie de café plus tard, j’me suis plantée.

Les vrais gens, ils sont partout. Même caché sous un faux déguisement. Ils se retrouvent en pyjama dans les rues, à 10h du mat’.

Exploration du papillon : Carnet de voyage en Guada truc truc

"La Guadeloupe, ça à la forme d’un papillon, tu sais ?"

Il y a quelques jours, j’ai pris un malin plaisir à voir le caillou devenir tout petit petit, au loin dans le ciel. Pour m’envoler vers un autre caillou, avec le p’tit pilote.

Alors, tu vas me dire “fais pas ta maligne, cocotte, t’habites dans les caraïbes, sur une île paradisiaque et tu trouves le moyen d’avoir besoin de vacances ?” D’une certaine façon, je crois que tu as raison. Et en plus de ça, j’ai pas tellement envie de te contredire. Mais d’une autre, c’est plutôt que l’occasion s’est présentée, est tombée à pic (à coeur, à trèfle) alors on a sorti notre épuisette et on l’a attrapé. L’occasion. On est parti, se ressourcer ailleurs. Parce que tu vois, vivre sur le caillou, c’est drôlement chouette. Mais c’est un tout petit caillou, ou tout le monde se connait, ou tout le monde se sourit, se parle. Ou tout le monde sait qui tu es, ce que tu fais, d’où tu viens. Alors forcement, se sauver quelques jours, devenir des anonymes vacanciers c’est plutôt appréciable. Puis, ouvrir ses yeux un peu plus fort pour regarder de nouveaux horizons, moi j’aime bien ça.

Alors, j’ai regardé la mer, j’ai bu la tasse d’eau salée, j’ai mangé du poisson avec des arêtes, j’ai vu de jolis oiseaux qui battent des ailes très rapidement, j’ai bullé en regardant le ciel et les arbres,

Et sans rire, c’était vraiment chouette d’aller faire voyager mes robes à fleurs sur une île qui a la forme d’un papillon.

Ces petites choses de la vie.

Tout à l’heure j’avais la tête ailleurs, je boudais pour deux francs six sous, alors j’ai décidé de rentrer à la maison sur l’île, en marchant. Bien décidée même. A faire non de la tête si quelqu’un s’approche. Après tout, je boudais. Pour du vrai, quand même. Il s’est mis à pleuvoir, ça m’a rappelé que j’avais au moins cette raison de faire la moue. Alors, en essayant de tenir bon, j’ai commencé ma course contre le temps, contre la côte qui mène au phare. Jusqu’a ce que ce petit camion rouge s’arrête 20 mètres plus loin, bloquant ainsi la file de voitures à ma hauteur, essayant une sorte de marche arrière. Impossible et ridicule, la marche arrière. Malgré toutes mes contestations intérieures, j’ai pas vraiment le choix, que de faire quelques pas en trottinant pour monter à bord du camion rouge de SOS ALAIN TRANSPORT.

"Salut, je m’appelle Alain", qu’il me dit en me serrant la main, alors qu’une dizaine de voitures s’impatientaient derrière nous.

"Ouais, je sais, c’est écrit SOS ALAIN sur ton camion, mais j’savais pas si Alain c’était ton prénom ou ton nom de famille"

Et mon humour, se cachait dans mes sandalettes.

SOS ALAIN, il m’a raconté qu’il est arrivé sur l’île il y a 30 ans, que le jour de son arrivée, il voulait déjà repartir. J’ai pas vraiment compris pourquoi mais il avait l’air d’avoir de bonnes raisons.

Avant d’arriver, il m’a balancé “T’es pas marié, ma p’tite ?”              D’un coup, je me croyais dans un épisode de la petite maison dans la prairie. “Ben non, j’suis pas mariée”, “Ça se voit que t’es pas mariée, une p’tite qui rentre chez elle à pieds en faisant la tronche, ça a plein d’amoureux mais c’est pas mariée”.

Je descends du camion rouge, en esquissant un sourire. 

Et en montant la petite rue jusqu’a chez moi, je me surprends à chantonner SOS AMOR. 

Alain Bashung.

SOS ALAIN.

En fait, c’est le gars, le plus drôle de toute ma journée.

Tes hormones féminines, ce phénomène incontrolable et incompréhensible

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Mais ça c’était avant de tomber sur cette vidéo choupi-mimi-truc à souhait, d’un mec (que j’épouse avant même d’avoir vu sa tête) qui passe une heure à sauver un écureuil de la noyade.

écureuil + sauvetage = je craque ma p’tite culotte

Trop de sensibilité en toi, t’as vu.

Sinon, ouais ouais, ça va.

Je me balade pieds nus, parce que je perds toujours autant mes chaussures. En parlant de chaussures, j’avais trouvé la paire de pompes de mes rêves, armée de ma carte banquaire, j’allais passer commande ni une ni deux, avant qu’une nana (ou un mec que sais-je), décide au même moment, d’acheter les chaussures de mes rêves en ligne et en pleine nuit. Merci hein, vraiment, merci !

Du coup, je me console, tous les soirs, je vais à la plage, me trémousser un peu. Alors t’imagine bien qu’a 17h30, je fais ma petite tête de souris pour quitter le travail à l’heure, et partir me baigner avec Philippe. Philippe? Ben, ouais Philippe, la bouée Dinosaure en plastique bleu turquoise… Niveau drague, c’est l’accessoire IN, t’imagine bien… Et sans te mentir, c’est encore mieux qu’un papa bien foutu qui promène son bébé. Enfin, quoique…

La plage, les palmiers, le soleil sur mon nez, tout ça tout ça. :)

Raconte moi ta p’tite vie, toi.

Love, etc…

En fait, ton taff c’est de raconter ta vie dans un magazine? Ouais ouais, c’est un peu ça…

Elle est chiante la mini croquette, elle nous montre ses photos de rêve, elle nous parle des gens de là bas, et à nous elle nous parle même plus dans ses articles" …

Je suis là, je suis toujours là. Je ne me suis pas perdue dans le paysage paradisiaque qui m’entoure. Ça fait un peu plus de deux mois que je suis ici. Le temps passe vite et parfois non. A l’autre bout du monde, le temps reste le même, les peurs restent les mêmes, les joies et les sourires aussi. Mon aventure sur le caillou me donne envie d’en visiter d’autres. De parcourir d’autres caillou. Seule ou non. Avec un sac à dos à fleurs & des biscuits aux pépites de chocolat.

Certains soirs, je me surprends à vouloir être chez moi, allumer une bougie dans l’appartement, ouvrir la fenêtre et regarder la rue respirer en écoutant Simon and Garfunkel, faire infuser un thé à la menthe. Je reprends mes esprits, d’un léger coup de manche, j’essuie cette petite mélancolie qui brille au fond des yeux. Je suis ici. Je suis arrivée ici toute seule. En regardant l’horizon, en regardant devant moi, sans oublier le joli livre que j’ai lu et ses pages parcouru. Je me construis de nouveaux projets : je commence par planter des radis dans un jardin inconnu. 

Ne pas regarder derrière. Ne pas trop regarder derrière. Sortir de temps à autre l’épuisette que j’ai dans la poche. Y attraper quelques souvenirs qui sont restés coincés, les plus jolis. Pour se donner la peine et le courage d’avancer. 

Augmenter le volume sonore sur une musique qui met en joie. Augmenter encore un peu plus.

Respirer.

Ma colocation avec… des moustiques!

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La nuit dernière, armée de ma raquette électrique et de mon spray surpuissant, j’ai passé deux heures (ces deux heures précieuses coincées entre la phase somnolence et sommeil profond, qu’il ne faut surtout pas négliger afin de ne pas te retrouver avec des valises sous les yeux, le lendemain matin) à traquer ce minuscule individu à peine visible appelé scientifiquement Culicidae. Mais si, tu sais, cet être volant qui, soyons d’accord dessus, ne sert strictement à rien et se permet de venir danser la salsa autour de tes mirettes en s’imaginant que ton espace vital peut lui servir de dancefloor, sans même te demander l’autorisation.

L’image de moi-même à cette heure là, n’a rien de très valorisant… Dans mon pyjama en pilou pilou à battre l’air de droite à gauche et de haut en bas. Debout sur mon lit, à tendre l’oreille afin de localiser le suspect… Je crois même que ce moment aussi ridicule que tragique pourrait être utilisé pour faire le buzz dans un reportage diffusé sur M6 le samedi après midi « Dans l’enfer des asiles psychiatriques… »

Après avoir fait 18 fois le tour de moi-même en l’instant de 10 secondes et balancé le seul magazine que j’avais sous la main dans l’espoir de le faire tomber avec un coup de vent puissant, je discerne l’ennemi en train de reprendre son souffle. Bien tranquillement posé sur le mur. Dans un élan de colère et de folie j’écrase ma main sur tout son être d’une manière sanguinaire et laisse ainsi une trace inerte de la victime auprès de ses feux copains passés par là, la veille et l’avant veille.

Cette nuit là, je m’endors d’un œil dans un état de psychorigidité extrême. A l’affût du premier bruit laissant croire que le Suspect numéro 1 a repris vie miraculeusement.

Alors, le lendemain matin, après cette nuit de traque intensive et ce supplément de valises (qui ne serait même pas accepté sur un vol St Barth-St Martin) sous mes yeux, je trouve le peu de force qu’il me reste pour beurrer mes tartines grillées.

Et c’est en ouvrant la bouche en baillant d’une façon assez spectaculaire, que le frère de ma victime nocturne décide de crier vengeance en se posant sur ma joue droite…

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Puis, moi, j’aime bien moi, être encore dans le magazine! :)

St Barth ou l’île ou tout le monde se connait…

En métropole, j’ai grandi dans un petit village. Hormis la météo, les moustiques et l’océan qui entoure le caillou, il y a un langage parfois très similaire «Mais si tu sais, le frère de la grand mère de Michel, celui qui est marié à la sœur du facteur, tu le connais? ».

#Séance baskets

Ici, si tu es armé d’une bonne paire de baskets trop chouettes, d’un chapeau de paille et d’un brumisateur eau de source, tu peux essayer de faire le tour de l’ile en une journée ! Bon peut être pas en une journée, et peut-être pas le tour entier mais on s’est compris ! Bien sûr, le soir venu, en allant boire ton planteur au Select, tu constateras bien vite que tout le monde sais que : « tu viens de faire le tour de l’île à pieds avec tes baskets trop chouettes bleues et blanches, ton brumisateur eau de source de marque Evian et ton chapeau de paille tressé à la main ». Ben ouais.

#Séance boulette

Sur le caillou, quand tu vas acheter 3 bananes et tes Nesquik au supermarché, tu croises l’équivalent de la population du Brésil (bon quand même pas, mais encore une fois, c’est pour l’histoire) prête à te ralentir dans ta course effrainée en caddy bruyant. Et autant te dire, que le jour ou j’ai fait l’erreur de prendre l’orange en bas de la pyramide de fruits, et que tout le reste a dégringolé dans le rayon frais, je suis passée pour une pilleuse de monuments sacrés.

Et j’en entends encore parler, un mois après. C’est pour dire !

#Séance saperlipopette

Un de ces quatre matins, en allant à la boulangerie, j’ai croisé le président de la collectivité. C’est comme si je te disais : « J’ai croisé le président de la République en allant chercher mon petit pain au chocolat » Inconcevable !

Sauf à St Barth.

Et même qu’il m’a sourit.

#Séance pipelette

J’ai pour manie, lorsque je croise quelqu’un que je connais, de manifester ma présence d’une manière assez extrême, en balancant mon bras de droite à gauche sur un longueur d’au moins 50m avant d’arriver à hauteur de la personne. Alors quand je croise, la nana avec qui j’ai parlé 2min en faisant la queue aux toillettes du sayo, forcément je lui fais signe. Mais quand tu croises cette même personne une 2eme fois dans la journée, puis même une 3eme fois. Tu réagis comment, dis moi ? Parce que bon, on a juste discuté deux minutes en faisant la queue aux toillettes du sayo, tu vois.

Alors, sur le caillou, c’est comme ça la vie. Tout le monde se connaît. De près ou d’un peu plus loin.

Et toi, tu la connais la nana qui écrit des billets d’humeur dans le magazine ?

Mise en abîme dans le Magazine!

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Le problème avec ta créativité c’est:

-qu’elle arrive à n’importe quelle heure de la journée (ou de la nuit)

-qu’elle est super influencée par les garçons (et les garçons c’est chiant)

-qu’elle déconne pas mal, les samedis soirs à 3h du mat’

-qu’elle se croit intéressante

-qu’elle aime pas qu’on lui dicte des choses

-qu’elle regarde jamais sa montre

-qu’elle aime plutôt bien les souvenirs mélancoliques, & les playlists alacon

Le problème avec ta créativité c’est:

Qu’elle est pas mal incontrolable!

Ton moyen de locomotion sur le caillou

Quand, je suis arrivée sur le caillou, telle une nana qui veut faire sa maligne, j’ai dégoté un truc à deux roues qu’on appelle couramment : un vélo. T’ima- gines bien que ça ressemblait plus à une pièce digne du musée national de l’archéologie qu’a un moyen de transport. M’enfin bon, dix minutes de sport par jour quand on vit en jupe courte c’est pas né- gligeable. Alors après avoir fait appel aux meilleurs mécaniciens du vélo de l’île, avec ma chaine toute neuve, mes pédales étincelantes et mes pneus gonflés à bloc, j’ai enfourché l’engin à la manière d’un don quichotte des temps modernes.

Ni une ni deux, je m’aventure dans ma première épreuve : La tourmente. Je vais pas te mentir, j’étais aussi collante que ta crème solaire « accélérateur de bronzage ».

J’étais même acclamée par une foule en délire, qui me balançait de l’eau sur mon passage comme si j’étais le meilleur grimpeur. Bon d’accord j’en ra- joute, mais c’est pour l’histoire. Tu t’en douteras bien, le vélo ou moi, (j’hésite encore), n’ont pas su prendre la route inverse, pour quitter Gustavia.

Je me suis donc rabattue sur un moyen assez sem- blable et probablement moins fatiguant. Fallait-il déjà que je trouve comment tenir sur cet engin à moteur, qui, aux yeux du conducteur lambda, te rend aussi important qu’un être humain pour une étoile. Autant te dire, tu n’existes pas. Le problème avec le scooter, c’est que tu as beau être une nana et savoir faire deux choses en même temps, entre conduire et admirer le paysage, à un moment, il faut choisir. J’ai donc choisi. D’abandonner.

Puis la voiture c’est quand même banal, avoue.

Tu vas pas me contredire, ton moyen de locomotion sur le caillou c’est un peu comme la météo. Tu en parles au moins une fois par jour.

Alors en passant devant l’aéroport, j’ai proposé un deal à un pilote sympa. « Trois carambars et une co- rona et tu me déposes ni vu ni connu sur les quais ? ».

(Même que je suis casse cou, mais moi j’aime bien être dans le magazine.)